Tous et toutes, islamophobes ?

par Fils de France

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« Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe ».
Elisabeth Badinter ne fait plus dans la dentelle. Exit, la concentration sur les populations féministes immigrées, victimes des oppressions masculines et sociales. Désormais, les mots sont lâchés.
 
L'Observatoire de la laïcité a vivement réagi à ces quelques mots, par l'intermédiaire de ses Président (Jean-Louis Bianco) et Rapporteur Général (Nicolas Cadène), dont on peut comprendre ici que le travail soit rendu délicat. Faire coexister laïcité et orthopraxie religieuse n'est pas chose aisée au sein de la République (la Fille aînée de l'Eglise ?), et le travail de « philosophe » et « d'idéologue » qui balance sur l'islamophobie, ça sape un peu le boulot.
 
Tout d'abord, nous voudrions rappeler à la « Grande Dame », à la « philosophe » que selon la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (voir l'article 24), « Ceux qui, (...), auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende ou de l'une de ces deux peines seulement. ». Il semble à votre rédacteur que ces propos, prononcés sur une radio publique, tombent inopinément sous le coup de la loi...
 
Nicolas Cadène avait donc tweeté : «   »
 
Nous nous permettrons de lui répondre directement. Nicolas, si tu nous lis...
 
Le « débat clair » n'interviendra jamais. La laïcité est devenu le cheval de bataille de ce gouvernement – et des gouvernements successifs depuis quinze ans –, qui tente de se distinguer par la protection des principes plutôt que la protection des citoyens. Sa feuille de route politique consiste exclusivement en un combat idéologique sans aucune concrétisation pratique, sinon celle des poursuites judiciaires (pour les derniers retardataires et/ou expatriés, notons l'augmentation du chômage, l'abandon de la souveraineté, les nouvelles guerres coloniales, etc.), et Madame Badinter, plutôt que de laisser agir l'Etat dans la construction et la sérénité nécessaires à l'établissement d'une véritable laïcité à la française, continue son exercice de cracheur de feu en désignant l'islam (quel courage !) à la vindicte publique comme menace envers la République.
 
La réconciliation n'est pas à la mode, surtout quand on cherche à vendre des espaces publicitaires. Pourtant, le slogan de Publicis Groupe – dont Madame Badinter préside le Conseil de surveillance – est « Vive la Différence !». Nous laisserons nos lecteurs juger de la cohérence du propos...
 
Toujours est-il que l'Observatoire de la laïcité s'est fait remonter les bretelles par Manuel Valls, qui continue de son côté à contourner l'obligation de neutralité de l'Etat par un biais assez séditieux. Alors qu'il ose préciser au Président Bianco l'obligation de mesure qui est la sienne, nous voudrions bien lui demander d'adopter des positionspubliques plus neutres, suivant en cela son absolu devoir de réserve, non pas par un malsain syncrétisme qui viserait à punir les uns pour récompenser les autres, mais bien pour honorer la fonction gouvernementale de représentation de TOUS LES FRANÇAIS. Ces jérémiades perpétuelles et cette stigmatisation des communautés stérilisent un débat déjà parfaitement inutile au cours desquels les opinions policées se mesurent par leur plasticité, voire par leur orthodoxie.
 
Finalement, Manuel Valls, en rappelant à l'ordre de cette manière Jean-Louis Bianco, signataire de la Tribune « Nous sommes unis » nous montre son vrai visage. Alors que la réconciliation n'a jamais été aussi indispensable dans ce pays, alors que tous et toutes cherchent aujourd'hui à se trouver « des repères pour des temps incertains » et à retrouver du lien social et fraternel, Manuel Valls cède encore à la division par l'intention, en stigmatisant une partie de la population, celle-la même qui aurait besoin du soutien inconditionnel du Premier Ministre. Pour s'en convaincre, il suffit de lire cette tribune : « Notre unité est notre bien le plus précieux. Protégeons-le et donnons-lui tout son sens aujourd’hui, l’heure est à la Fraternité qui est notre véritable rempart contre la violence aveugle du terrorisme et la division planifiée. »