Vers un islam français... ou pas !

par Fils de France

726 visite guidee grande mosquee paris

Cela fait déjà longtemps qu'à Fils de France, nous dénonçons la voie de l'intrusion étrangère (algérienne, marocaine, saoudienne, qatarienne...) dans les affaires de l'islam français, la formation de nos imams, l'abandon du financement de nos Mosquées à des puissances étrangères, et l'absence de maîtrise des éléments contextuels des prêches des différents responsables religieux. 

 

Mais aujourd'hui, la voix de Fils de France ne peut que s'entendre et résonner dans un tel fracas de la perte de souveraineté de nos établissements religieux. En effet, le Ministre des Affaires Religieuses algérien a déclaré que la grande Mosquée de Paris, lieu de rencontre et d'ouverture de la France à ses musulmans, risque de passer propriété algérienne d'ici quelques années en vertu d'une loi française (probablement celle du 29 juin 1920) qui permet à un pays étranger qui finance une association de droit français de prétendre à la propriété de cette entité, ce qui est le cas pour la grande mosquée de Paris, administrée par la société des Habous.

 

Cette grande Mosquée, régie en effet par l'association en cause, a fait l'objet d'un accord de coopération signé en 2001 entre la France et l'Algérie. Régie par le droit français, elle reste sous influence directe de l'Algérie, puisque les accords conclus ont permis de dépêcher et de former des imams et de les répartir dans des Mosquées françaises. 

 

En vérité, l'Etat français est coupable de plusieurs hypocrisies. La première, celle de dire que l'Etat est complètement laïque. Il est besoin de rappeler que les règles du Concordat régissent encore l'Alsace et la Lorraine, et que l'Etat subventionne le culte dans cette région. Cette dérogation historique du 19ème siècle, conclue sous Napoléon, est encore en vigueur. Dès lors, "l'entretien décent" énoncé par l'Accord ne permet pas une application uniforme de la laïcité sur le territoire. La seconde, que si l'Etat ne subventionne pas les cultes, pourquoi laisse-t-il les pays étrangers le faire ? il s'agit d'une entité extérieure, mais comparable par ses prérogatives à la France. On voit difficilement pourquoi la Nation algérienne devrait financer l'islam français. Si c'est pour le prétexte de la souveraineté, c'est encore une erreur stratégique que tout le monde peut comprendre, eu égard à la violence locale encore récente qui entache sa relation propre à toute religiosité. Si c'est une simple question de supériorité islamique dans le culte ou dans la connaissance, à quand la création véritable d'un Institut de théologie français, qui oeuvrerait pour une forme de pacification des relations sociales et qui servirait de repères à toute une génération parfaitement déconnectée de l'orthopraxie traditionnelle ? Sans compter la forme dialogique entre les religions qu'elle pourrait engendrer...

 

Nous oeuvrons, à notre échelle et de notre côté, à la réconciliation des français de souche avec les français musulmans, à la réconciliation de la France avec l'islam, et dans une certaine mesure, à la santé des relations interislamiques. Mais comment pourrait-on se sentir légitime, alors que les imams formés et encadrés par l'Algérie n'ont pas une once de connaissance de nos traditions, de nos valeurs et de nos idées ? Que pourraient-ils apporter à leurs ouailles, alors qu'eux-mêmes sont de culture différente, d'une Nation différente, d'un avis différent ? Finalement, et c'est là la clé de l'argumentaire, en quoi favoriseraient-ils l'assimilation républicaine, eux qui sont marqués d'un socle de valeurs intrinsèquement différent du nôtre ? 

 

C'est dans cette mesure que le divorce entre la France et ses musulmans reste prégnant. Aussi, il est temps pour la France d'agir et de dénoncer toute forme d'oppression d'un islam étranger sur le nôtre. Pourquoi ne pas tenter d'internaliser le rapport France-Islam ? De cette manière, et plutôt que de légiférer d'une manière encore hypocrite et sans moyens, nous pourrions promouvoir un islam français, franchouillard et pour ainsi dire, reconnecté à la sphère nationale. Il faut impérativement tisser des liens entre la communauté nationale et les 5 millions de musulmans d'obédiences diverses et d'idiosyncrasies profondément différentes. Il est juste temps, pour Marianne, de reconnaître la minorité agissante qui se reconnaît en elle.